Accusé dans une lettre anonyme d'avoir touché de l'argent pour un chantier, le municipal confie son incompréhension.
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Entre colère et incompréhension, c'est le sentiment qui traverse le municipal glandois de l'urbanisme Thierry Genoud. Le 23 novembre dernier, la commune de Gland recevait une lettre anonyme, piratant le logo du Parti socialiste, accusant le municipal en question d'avoir touché 50 000 francs en espèces de la part de l'architecte rollois Cyril Lecoultre. Le chef du Service des bâtiments glandois Eric Ducret étant lui accusé d'avoir touché 35 000 francs. Immédiatement, les trois personnes concernées ont déposé plainte pour diffamation et calomnie, tout comme le Parti socialiste, pour usurpation d'identité. Alors que l'enquête est en cours et que le "corbeau" court toujours, Thierry Genoud s'explique.
Comment avez-vous vécu ces attaques personnelles?
L'auteur de ce genre de lettre ne se rend pas compte de l'impact que cela peut avoir sur l'environnement proche des gens. Je pense à la famille, aux amis, qui ont été touchés. Même si ceux qui me connaissent savent remettre l'église au milieu du village et ne pas douter.
Avez-vous des choses à vous reprocher?
Absolument pas. Tout est transparent quant à la construction du bâtiment en question. Tout est consigné. Il n'y a pas de possibilité de tricher. Je ne comprends donc pas très bien...
Y a-t-il donc quelqu'un à Gland qui n'aime pas Thierry Genoud pour en arriver là?
Peut-être. Durant les élections à la Municipalité du printemps dernier, un bruit courrait déjà pour tenter de salir mon image. Aujourd'hui, je cherche à comprendre quel degré d'amertume il faut atteindre pour en vouloir ainsi à quelqu'un, ou à une commune qui décide de construire un bâtiment. Car, visiblement, l'auteur de la lettre n'aime pas le bâtiment en question. Mais cette manière de faire, évidemment, n'amène rien.
Y aurait-il un lien avec le référendum sur les rives publiques qui se tiendra au mois de février, et pour lequel vous défendez la position municipale?
Sincèrement, je ne crois pas. Tout ce que je peux dire c'est que, quand j'ai des altercations politiques avec certains conseillers lors des Conseils communaux, immédiatement après la séance nous nous retrouvons pour nous parler calmement. Il n'y a donc pas d'animosité avec les membres du Conseil.
Vous n'avez aucune idée de l'identité de l'auteur?
Non, absolument aucune. Mais c'est quelqu'un qui, d'une manière ou d'une autre, au vu des propos tenus dans cette lettre, connaît bien le bâtiment.
Pourquoi la commune a-t-elle choisi de rendre cette "affaire" publique?
Car l'auteur n'a pas adressé la lettre qu'à la Municipalité, mais également à des lieux publics, si bien que de nombreuses personnes ont pu la lire. La Ville a tenu à couper court à cette rumeur. Mais je suis d'accord qu'il aurait fallu, au moment où la commune a parlé de cette affaire, tout dire. Et montrer la lettre. Car il n'y a rien à cacher. Je n'étais pas là à ce moment précis, mais je ne voyais personnellement aucun problème à tout dévoiler.
Par RODOLPHE HAENER
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